Chorégies d'Orange 2020 : malgré un budget contraint, la musique toujours en fête

Après avoir fêté leur 150e anniversaire en grande pompe en 2019, les Chorégies d’Orange veulent maintenir une programmation à la fois populaire et exigeante pour 2020. Le festival doit néanmoins revoir ses ambitions à la baisse avec un seul opéra mis en scène, au lieu de deux habituellement.

Chorégies d'Orange 2020 : malgré un budget contraint, la musique toujours en fête
Théâtre antique d'Orange en 2016. La Traviata de Verdi dans la mise en scène de Louis Désiré, © Getty / Jean-Marc Zaorski

« Je crois que cette année, nous connaissons un démarrage hors catégorie ! ». C’est par ces mots que Jean-Louis Grinda commente les chiffres des ventes de billets pour les représentations des Chorégies d’Orange, qui auront lieu du 19 juin au 1er août 2020. Tout sourire, le directeur du festival annonce une hausse de 20% de billets déjà vendus par rapport à l’année dernière à la même époque. « Cela fait au moins 15 ans que nous n’avons pas connus un tel démarrage, et cela concerne tous les spectacles » analyse Jean-Louis Grinda.

A la tête du festival depuis trois ans, le monégasque était de passage à Paris, lundi 3 février, pour présenter à la presse la 151e édition des Chorégies. Cette année, deux opéras sont au programme, avec une seule représentation pour chacun. Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns, mis en scène par Jean-Louis Grinda en personne, accompagné par l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Yves Abel. L’opéra, qui n’avait pas été donné à Orange depuis 1978, s’offre un casting cinq étoiles : Roberto Alagna, Marie-Nicole Lemieux et Ludovic Tézier. « On peut difficilement faire mieux pour ces rôles-là, avec un sens du détail dans la diction française », commente Jean-Louis Grinda. 

Le deuxième opéra sera La Force du Destin de Giuseppe Verdi, avec Marcelo Alvarez et dans la fosse l’Orchestre national de France sous la direction de Nicola Luisotti, mais cette fois-ci présentée en semi-stage, c’est-à-dire quelque part entre la version de concert et la mise en scène. « Cette année, nous n’avons pas les moyens de faire deux opéras en version scénique complète. Nous aurions donc tout à fait pu renoncer à monter un deuxième opéra, mais le conseil d’administration a tenu à le faire quand même, parce que c’est la tradition : deux opéras chaque année à Orange » explique le directeur des Chorégies. 

Passé non loin de la cessation de paiement, le festival est encore en convalescence budgétaire. En mars 2018, la région Sud avait décidé de se porter au chevet des Chorégies en créant une société publique locale (SPL), afin de rapidement pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Une SPL dont la région, le département du Vaucluse et la ville d’Orange sont actionnaires. Malgré un taux d’autofinancement à hauteur de 85%, cas rare pour les festivals en France, la manifestation n’avait cessé de creuser sa dette. Jusqu’à atteindre en 2018 un déficit de 1,5 million d’euros, sur un budget total de 5,6 millions d’euros. 

L’édition 2020 sera donc la deuxième sous l’égide de cette nouvelle structure pilotant le festival. Les acteurs concernés se sont donnés trois ans pour tirer un premier bilan, c’est-à-dire à l’issue des Chorégies 2021. S’il indique avoir cette année « un peu le sourire », Jean-Louis Grinda ne fait pas pour autant montre d’un optimisme débordant. Il affirme que son intérêt est « d’ouvrir un spectre le plus large possible pour que les gens viennent découvrir ce lieu où faire de l’opéra est une chose incroyable. Chanter au théâtre antique, c’est une expérience acoustique unique ». 

En plus du chant, les spectateurs pourront écouter le violoniste Nemanja Radulovic, la mezzo Cecilia Bartoli – « rarissime en plein air » et l’ensemble des Musiciens du Prince – Monaco, ainsi que l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la baguette de Myung-Whun Chung dans un programme Beethoven / Brahms. 

Enfin, 2020 marquera le retour du Béjart Ballet Lausanne sur la gigantesque scène du théâtre antique d’Orange avec Ballet Life, un spectacle conçu en hommage à Freddy Mercury chanteur du groupe Queen et Jorge Donn, danseur argentin. 

France Télévisions a annoncé qu’au moins Samson et Dalila sera retransmis en quasi-direct sur France 5, et est en cours de réflexion pour la diffusion d’une autre soirée. Côté radio, France Musique retransmettra les deux opéras ainsi que le concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France.