Charlie Haden, la dernière danse d'un géant

En hommage au contrebassiste disparu le 11 juillet dernier, nous vous proposons de réécouter l'Open jazz qu’Alex Dutilh lui consacrait il y a à peine un mois.

Charlie Haden, légendaire contrebassiste jazz, compositeur et musicien engagé, s’est éteint le 11 juillet à Los Angeles, où sa carrière a pris son envol dans les années 1950. Son parcours aux cotés de plus grands musiciens de cette deuxième moitié du XXe siècle, et notamment sa collaboration avec Ornette Coleman dès les années 1950, ou encore celle avec Keith Jarret depuis les années 1960, ont donné naissance à des albums références dans l’histoire du genre.

Pour lui rendre hommage, nous vous proposons le dernier Open jazz que lui consacrait Alex Dutilh il y a à peine un mois, lors de la parution de l'album The Last Dance, témoignage de la dernière rencontre entre deux vieux complices : Charlie Haden et Keith Jarret. De ces retrouvailles enregistrées en 2007 au studio du pianiste, un premier album, intitulé Jasmine, est déjàparu en 2010.

Charlie est un être unique, qui joue de la contrebasse avec toutes ses tripes. Il devrait servir de modèle pour tous les passionnées de la contrebasse. Il est toujours aussi inspiré, alors que certains perdent cette inspiration au cours de route. Il possède cette dichotomie rare entre le lâcher-prise et le contrôle où il a trouvé un équilibre parfait et qui fonctionne en toutes circonstances. Keith Jarret

Né à Shenandoah (Iowa) en 1937, Charlie Haden se tourne vers le jazz après avoir abordé la musique par la country, chantant au sein du The Family Haden Band, avec ses parents, ses frères et sœurs. La poliomyélite qu’il contracte à l’adolescence, met fin à sa carrière de chanteur, et c’est à 14 ans que Charlie Haden découvre la contrebasse et se lance dans le jazz, qui devient le terrain de tous les possibles. A Los Angeles, où il s’installe dès les années 1950, il multiplie les collaborations avec les jazzmen les plus novateurs. Que ce soit avec Ornette Coleman ( The Shape of Jazz to come , 1959), Keith Jarret (Birth, 1971), ou avec son Liberation Music Orchestra (Impulse!, 1969), Charlie Haden avance hors des sentiers battus et défend un jazz audacieux, novateur et politiquement engagé, teinté de ses origines musicales du Middle West américain.

Beaucoup de gens ne veulent pas traverser toutes les incertitudes et les difficultés qu’implique la recherche artistique. Les gens se contentent de leur facette la plus évidente et ne veulent pas découvrir ce qu’ils pourraient être parce que c’est trop difficile et douloureux. (Extrait de l'entretien donné à Josef Woodard pour Jazz Hot)

En juin dernier, Alex Dutilh consacrait son Open jazz à la parution du Last Dance, album au titre prémonitoire enregistré sept ans plus tôt, lors des retrouvailles avec un autre géant du jazz : le pianiste Keith Jarret. La rencontre qui a marqué d'une pierre blanche l'histoire du jazz à plusieurs titres : les deux vieux complices n’avaient plus enregistré ensemble depuis leur collaboration dans les années 1970 : en trio à partir de 1968, avec le batteur Paul Motian, et aussi au sein d’American Quartet de Keith Jarret à partir de 1971 avec le saxophoniste Dewey Redman. De plus, les retrouvailles en 2007 dans le studio du pianiste, étaient la première occasion pour les deux géants de jouer en duo.

Cette musique spontanée, enregistrée sur le tas sans préparation aucune confirme notre détermination de ne pas tolérer la demi-mesure...ce sont de magnifiques chansons d'amour interprétées par deux musiciens qui essayent de transmettre le message intact.

Les deux musiciens se sont retrouvés à l'nvitation du réalisateur Reto Caduff, pour le tournage du documentaire sur Charlie Haden, The Rambling Boy :

Charlie Haden - Rambling Boy from PiXiU FILMS on Vimeo.