[Covid-19] Chantons à tout âge : une fenêtre ouverte sur les EHPAD

La musique pour lutter contre l'isolement dans les établissements gériatriques, éprouvés par la crise du Covid-19, c'est ce que propose l'association Culture&Hopital avec le festival virtuel "Chantons à tout âge". La première édition court jusqu'au 8 juin.

[Covid-19] Chantons à tout âge : une fenêtre ouverte sur les EHPAD
Un concert dans un EHPAD, © Getty / BSIP

Des concerts en direct joués par des musiciens professionnels, des scènes ouvertes pour entendre chanter les résidents, mais aussi des visioconférences autour de la musique en partenariat avec les musées d’Orsay et de l’Orangerie ou encore du Quai Branly et une chanson collective qui sera enregistrée à la fin de la quinzaine... les EHPAD sur tout le territoire sont invités à se connecter sur le 1er festival virtuel Chantons à tout âge, proposé en ce moment même, et jusqu'à 8 juin, par l'association Culture&Hôpital.  

« Le mot d'ordre est l'interactivité, précise Pauline Gauthier, chargée de communication de l'Association Culture&Hopital. Nous voulons impliquer les résidents et inviter leurs proches à y participer, pour créer du lien, renouer avec le monde extérieur et rompre la solitude provoquée par le confinement entre quatre murs. »

En temps normal, cette manifestation annuelle incite des centaines d’établissements en France à ouvrir leurs portes pour que chacun puisse venir écouter les concerts, découvrir les chorales, participer aux activités culturelles proposées. A cause de la crise du Covid-19, il était impossible de maintenir l’événement cette année. Pauline Gauthier raconte : « Les établissements gériatriques se sont confinés avant les annonces officielles, et cela a été un choc. Les personnes dans les institutions sont déjà très isolées, on sentait que cette crise allait être très dure. »

Mais l'association s'organise dès les premières semaines du confinement. D'abord en proposant les concerts virtuels aux personnes atteintes des maladies neurodégénératives et à leurs aidants, en transférant ainsi leur activité habituelle sur la toile. « On ne savait pas du tout si cela allait fonctionner. Et ça a marché. En dépit des obstacles techniques, les retours étaient enthousiastes.»

Dans l'offre culturelle de l'association, la musique joue un rôle particulier, explique Pauline Gauthier. « Elle implique la participation active des personnes. Elle permet de susciter l'émotion là ou les autres médias artistiques ne suscitent plus grand chose auprès des personnes dont la maladie Alzheimer est à un stade avancé. Pour certains, il n'y a plus que la musique qui les atteint »  souligne la professionnelle.

Riche de ces premières expériences, l'association décide de maintenir le festival Chantons à tout âge  : pourquoi ne pas le transformer en un festival virtuel et élargir l'offre culturelle aux personnes confinées dans des institutions gériatriques grâce aux outils internet ?  Mais dans les situations de détresse qu'ont traversé certains établissements, proposer de la culture, est-ce une bonne idée ? « Nous avons lancé un sondage auprès de nos institutions partenaires, poursuit Pauline Gauthier, et les réactions étaient plus que positives. A notre grande surprise, la plupart des établissements nous a répondu qu'ils ont tenu à maintenir les activités culturelles quelle que soit l'ampleur de la crise pour que la vie continue. »

Depuis le 25 mai et jusqu'à 8 juin, le festival Chantons à tout âge propose ainsi les rendez-vous musicaux interactifs une fois par jour. Parmi de nombreux établissements participants, ceux de Clermont-Ferrand,  Montauban, Nantes, Nice, Paris, Pessac …et de nombreuses autres. « Même si nous savons qu'il ne nous sera pas possible de toucher tous les établissements en France, parce que certains sont encore très en souffrance et n'ont ni moyens matériels ni humains pour se joindre à notre programme, ce festival est une opportunité de faire venir la culture dans des endroits habituellement éloignés des centres culturels. » Une initiative qui rayonnera au-delà du temps réparti au festival, espère Pauline Gauthier.