Centre national de la musique : la nomination de Jean-Philippe Thiellay fait grincer des dents

La nomination de Jean-Philippe Thiellay à la tête du Centre national de la musique est loin de faire l'unanimité. Plusieurs organisations du secteur musical regrettent que Catherine Ruggeri n'ait pas été choisie et dénoncent le manque de parité.

Centre national de la musique : la nomination de Jean-Philippe Thiellay fait grincer des dents
Jean-Philippe Thiellay, actuel directeur-adjoint de l'Opéra de Paris, vient d'être nommé à la tête du Centre national de la musique, © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

A peine nommé, et déjà contesté. Jean-Philippe Thiellay, directeur adjoint de l'Opéra de Paris, a été choisi par Franck Riester, ministre de la Culture, pour diriger le Centre national de la musique (CNM). Serpent de mer de la politique culturelle, cette structure doit officiellement voir le jour le 1er janvier 2020 et aura pour rôle de centraliser les organismes professionnels du secteur pour soutenir la création musicale, à l'instar du CNC pour le cinéma. 

Mais cette nomination fait grincer des dents. Tout d'abord parce que Catherine Ruggeri, qui s'est occupée des travaux de préfiguration du CNM et qui était pressentie pour le diriger, a été évincée. Dans un communiqué signé par la Fevis, Profedim, AJC, Futurs composés et Grands Formats, les représentants du secteur musical ont loué son action dans un « souci constant de dialogue et de co-construction » et s'étonnent donc du choix de Jean-Philippe Thiellay. 

« Sans mettre en doute la légitimité du professionnel, il nous apparaît que cette nomination va à contre-courant des ambitions affichées en matière d'égalité femme-homme alors même qu'une femme œuvrait déjà depuis six mois à ce qui s'apparentait, non plus à une mission de préfiguration, mais à un véritable lancement opérationnel du CNM » peut-on lire dans le communiqué. 

Le texte rappelle qu'en France, en 2019 « pas une femme n'est à la tête d'un établissement musical de premier plan ». En effet, les récentes nominations à l'Opéra de Paris, de Lyon ou encore au Conservatoire national supérieur de Lyon, n'ont concernés que des hommes. Reste encore à savoir qui prendra la direction du Conservatoire de Paris. Si le nom d'Emilie Delorme a été récemment avancé dans un article de La Lettre du musicien, aucune confirmation officielle n'a pour l'instant été apportée, ni du ministère, ni de la principale intéressée. 

Enfin, le communiqué constate que « le secteur musical accuse un retard dramatique sur les questions de parité. Cela n'est plus acceptable ». Les organisations signataires se demandent comment « justifier cette nomination ». Dans sa chronique diffusée lundi 25 novembre sur France Musique, Antoine Pecqueur évoque le côté « très politique » de cette nomination. Jean-Philippe Thiellay, avant de prendre son poste de directeur adjoint à l'Opéra de Paris, fut l'administrateur du Volcan, scène nationale du Havre et nommé par le maire de l'époque, Edouard Philippe, l'actuel Premier Ministre.