Cédric Tiberghien visite l’exposition consacrée à Beethoven à la Philharmonie de Paris

Du 14 octobre 2016 au 29 janvier 2017, une exposition autour du mythe Beethoven s’installe à la Philharmonie de Paris. L’occasion d’aller y faire un tour en compagnie du pianiste Cédric Tiberghien.

Cédric Tiberghien visite l’exposition consacrée à Beethoven à la Philharmonie de Paris
Cédric Tiberghien jouera quatre sonates de Beethoven à la Philharmonie de Paris samedi 15 octobre ©A.deLaleu/RadioFrance

« Desproges en premier plan, c’est sympa », s’exclame Cédric Tiberghien dès la première salle. Le pianiste français découvre l’exposition Ludwig van, le mythe Beethoven à la Philharmonie de Paris quelques jours avant son concert dans cette salle parisienne. Il interprète samedi 15 octobre 2016 les sonates n° 21, 22, 25 et 28 du compositeur allemand sur instrument d'époque, une première pour le musicien.

« Je me souviens l’émotion et l’excitation quand ma professeure m’a dit que j’étais prêt pour jouer Beethoven », témoigne le pianiste au début de la visite. « Pour moi c’était rentrer dans le grand monde », continue-t-il avant de s’arrêter devant trois photos de personnes portant une perruque à la manière de Beethoven .

*Ecoutez le reportage sur la visite de Cédric Tiberghien (à 1h34) *

Le grand monde, une expression qui correspond bien à ce que l’exposition veut montrer : une réflexion sur le mythe représenté par *Beethoven *, et qui se poursuit au fil des siècles. A travers les salles, le visiteur ne découvre pas la vie du compositeur ou des analyses de sa musique, mais vraiment ce qui a construit l’image que l’on a aujourd’hui de Beethoven.

« On imagine toujours un personnage très imposant, une personnalité complexe », commente Cédric Tiberghien dans la salle nommée Du trépas à l’immortalité où sont exposés des masques mortuaires et des croquis du compositeur sur son lit de mort. Une sorte de désacralisation du mythe : *Beethoven * est mortel. « On réalise que oui, une telle puissance créatrice peut s’éteindre un jour », résume le pianiste.

Ludwig van Beethoven, partout

Au fil de l’exposition, Cédric Tiberghien se sent observé : « On se sent un peu petit, c’est presque écrasant, intimidant ». Et pour cause, les représentations du compositeur sont partout, un peu comme son oeuvre aujourd’hui que l’on retrouve dans la culture populaire comme dans la publicité, au cinéma ou dans l’histoire politique.

Si l’image de Beethoven s’invite dans toutes les pièces de cette exposition, son oeuvre résonne aussi un peu partout. Elle résonne dans différentes pièces avec, entre autres, des extraits de la symphonie pastorale ou de la célèbre* 5ème symphonie. *« Sa musique doit être vécue de manière sensuelle, organique. Surtout en concert, on ne peut pas ressortir indemne », témoigne le pianiste français.

« Il y a beaucoup de personnel dans la musique de Beethoven, il y met de lui-même. C’était un geste romantique un peu avant l’âge car il en avait parfaitement conscience, continue Cédric Tiberghien. Pour l’interprète, il faut beaucoup d’humilité, rentrer dans cette intimité, cette familiarité qu’il mettait dans ses oeuvres or ce n’est pas évident d’être intime avec * *Beethoven. Il ne faut pas refuser ou combattre sa grandeur mais la prendre telle quelle ».

Un caractère divin

Une petite pièce est consacrée aux reliques du compositeur : violon sur lequel il a joué, cornet acoustique, bout de parquet de sa chambre mortuaire, mèche de cheveux… Tant d’objets qui érigent le compositeur comme un Saint, un Dieu, tout en le ramenant à sa condition d’homme, qui a vécu et est décédé. Une contradiction qui laisse Cédric Tiberghien un peu perplexe : « C’est perturbant... On est vraiment dans la relique divine ».

Ou dans le mythe comme le suggère le titre de l’exposition, Ludwig van, le mythe Beethoven . Un statut résumé par une phrase d’Hector Berlioz , écrite sur un des murs : « Dieu a voulu qu’il y ait un homme aussi grand que Beethoven et qu’il nous fût permis de le contempler; Dieu l’a voulu ! ».

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