A Cambridge, une œuvre reprend vie 1000 ans après sa composition

Les 23 et 24 avril derniers, après de longues années de recherches, trois musiciens ont joué « de consolatione philosophiae », une partition que personne n’avait entendu depuis plus de mille ans.

A Cambridge, une œuvre reprend vie 1000 ans après sa composition
Psalter, fully noted, with hymnal for the temporal and Sanctoral, Hours of the Virgin, with extra prayers, music, etc © Christie's Images/Corbis

Quelque chose d’inhabituel s’est produit au Pembroke College Chapel à Cambridge ce week-end : un trio de musiciens a joué une pièce que personne n’avait entendue depuis environ mille ans. Cette représentation est le résultat de plusieurs années de recherche.

Car jouer cette musique tout droit venue de La Consolation de Philosophie « de consolatione philosophiae » ne fut pas une chose aisée. En effet, avant d’atteindre les oreilles du grand public, il a fallu résoudre plusieurs problèmes, notamment le vol de l’une des pages centrales de l’œuvre, sans laquelle il était impossible de l’interpréter, mais aussi le déchiffrage des symboles propres à l’écriture musicale du Moyen-Age.

Le vol aurait eu lieu dans les années 1840, quand un érudit Allemand qui visitait l’université de Cambridge, a subtilisé un page du manuscrit datant du XIe siècle, connu sous le nom de « Cambridge Songs ». La page dérobée par l’allemand est restée introuvable jusqu’en 1982, date à laquelle une chercheuse de l’université de Liverpool – Margaret Gibson- a visité une bibliothèque à Francfort qui possédait la fameuse page manquante. Seulement, cette page représentait le cœur de la collection de morceau. Sans les indications qu’elle comportait, il était impossible de déchiffrer le reste de la partition.

La Consolation de Philosophie est considérée comme la dernière œuvre de grande envergure de l’ère Classique, notamment admirée et transposée par Alfred le Grand (roi du Wessex puis de tous les Anglo-Saxons au IXe siècle).
La pièce fut écrite lorsque Boèce, auparavant éminent sénateur et consul de Rome attendait son exécution pour trahison à l’encontre de Theodric le Grand (l’un des premiers rois Ostrogoth d’Italie) en 524. Le livre prend la forme d’une conversation entre Boèce et l’esprit de la Philosophie en faisant alterner prose et vers. Il s’agit sans doute de l’une des œuvres les plus influentes du Moyen-Age et du début de la Renaissance.

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