Beatrice Rana : « Quand je joue Beethoven, je ressens une grande responsabilité »

Au Festival de Radio France Occitanie Montpellier, la pianiste italienne Beatrice Rana, 25 ans, a joué un concerto de Beethoven très remarqué. Elle se livre sur son amour pour le compositeur et sur sa vie de jeune musicienne talentueuse.

Beatrice Rana : « Quand je joue Beethoven, je ressens une grande responsabilité »
La pianiste italienne Beatrice Rana a brillé dans le 4e Concerto de Beethoven au Festival de Radio France Occitanie Montpellier

Pianiste parmi les plus douées de sa génération, Beatrice Rana a conquis le public du Corum de Montpellier lors du Festival de Radio France Occitanie Montpellier. La musicienne italienne a brillamment interprété le Concerto pour piano n°4 de Beethoven, accompagnée de l'Orchestre philharmonique royal de Liège, sous la direction de Christian Arming. 

France Musique : Ce n’est pas la première fois que vous venez jouer ici, au Festival de Radio France à Montpellier. Quelle place occupe cet événement dans votre carrière musicale ? 

Beatrice Rana : C’est la troisième fois que je viens jouer ici à Montpellier. La première fois c’était en 2012 et il s’agissait d’un de mes premiers concerts importants en France. J’en garde un souvenir intense parce que je savais qu’il était enregistré et retransmis par France Musique. C’est quelque chose de très fort pour une jeune musicienne. Je suis revenue en 2016 pour les Variations Goldberg et finalement cette année avec Beethoven. La France est un pays qui compte pour moi et qui m’a beaucoup apporté. C’est ici que ma carrière a vraiment démarré. Et je suis toujours très reconnaissante de la chaleur du public. 

Vous avez joué le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven à Montpellier et vous avez plusieurs concerts qui se profilent cet été, toujours avec du Beethoven au programme. Que représente ce compositeur pour vous ?

Beethoven est très important pour tous les pianistes. C’est un incontournable pour les débutants et sa musique a beaucoup évolué au cours de sa vie. Lorsque je joue Beethoven, je ressens une grande responsabilité. C’était le cas pour ce concert ici à Montpellier, je jouais ce concerto pour la première fois, c’était beaucoup d’adrénaline. Cette œuvre demande une grande concentration. Je n’ai jamais vu autant de pianissimo ! C’est un vrai challenge de réussir à maintenir un équilibre avec les 60 musiciens de l’orchestre. Il y a ces passages où l’orchestre joue d’une manière très énergique, voire brutale alors que la partie de piano est très délicate et intime. Ces contrastes sont très puissants. 

Dans quelques mois, j’aurai la chance de travailler l’intégrale des concertos de Beethoven avec Fabio Luisi et le Philharmonia Zurich. Les cinq concertos avec un seul et même chef, cela sera une expérience très forte et inédite pour moi. 

Avion, train, hôtel différent chaque soir, etc. Comment réussissez-vous à vous sentir toujours connectée à la musique lorsque l’on mène une vie comme la vôtre ?

C’est le prix à payer pour connaître le bonheur intense d’être sur scène. Et heureusement, la musique reste au cœur de ma vie. J’ai de la chance parce que je rencontre des personnes passionnantes, des nouveaux lieux, des nouvelles cultures, etc. C’est très enrichissant et cela rejaillit sur ma musique. Mais il est certain que c’est une vie compliquée. Mais quand je suis au piano, je me sens comme à la maison.

Vous faites partie de cette jeune génération de pianistes, bourrée de talents et qui fait preuve d’une grande maturité musicale. D’où cela vous vient-il ? 

Lorsque l’on mène une carrière musicale de ce type-là, on est obligée de se plonger en profondeur dans la musique et je crois que cela contribue à vivre des expériences fortes, mais peut-être plus tôt que la normale. Et puis, il ne faut pas oublier que la musique souvent se commence très tôt. Mon premier concert, je l’ai donné à l’âge de 5 ans. Cela fait 20 ans que ma carrière a commencé ! (rires, ndlr).