Aux États-Unis, le National Philharmonic met la clef sous la porte, faute de budget

L’orchestre national philharmonique, l’un des plus grands acteurs de la musique classique dans le comté de Montgomery, aux États-Unis, va fermer. Une diminution constante du financement aura eu raison de cette institution. Ses 130 musiciens et employés vont perdre leurs emplois.

Aux États-Unis, le National Philharmonic met la clef sous la porte, faute de budget
Les musiciens du National Philharmonic ne joueront plus dans leur salle du Strathmore., © Getty / Washington Post

C’est un coup dur pour la musique classique dans le comté de Montgomery, au Nord-Est de Washington D.C.. Des ennuis financiers sont venus mettre un terme au fonctionnement du National Philharmonic, une institution musicale dans la région depuis plus de 30 ans. Le déficit budgétaire avait déjà entraîné le départ précipité d’une partie du personnel. Depuis plus d’un mois et demi, l’organisation fonctionnait même avec un « flux de trésorerie négatif », expliquait la présidente, Leanne Ferfolia. 

Avec plus de 30 concerts par an, le National Philharmonic était le plus grand producteur de musique classique dans le comté. « C’est avec une grande tristesse que je dois signaler que le Philharmonique national doit fermer ses portes », a déclaré la présidente de l’orchestre, installé au Music Center de Strathmore, dans un communiqué de presse. 

« Nous avons été une part importante de la communauté et un service rendu aux résidents du comté de Montgomery, en particulier aux milliers de jeunes qui ont pu assister gratuitement à nos concerts avec leurs familles. »

Des baisses de budget depuis des années

La présidente de l’institution attribue cette fermeture à la réduction des financements du Conseil des arts et des sciences humaines du comté de Montgomery. Au cours des huit dernières années, le financement est passé de 270 000 dollars à 107 000 dollars par an. Et dans le même temps, le frais de représentation et d’exploitation ont doublé. La salle de Strathmore a proposé de réduire ces frais pour la saison 2019-2020, mais pas suffisamment pour sauver le National Philharmonic.

Pourtant, l’établissement aurait pu sortir la tête de l’eau, avec un afflux de 150 000 dollars. 

130 personnes sans emploi

Le rideau se fermera donc avant la prochaine saison. La programmation a souvent été saluée par les critiques depuis plusieurs décennies. Le président de Strathmore se dit « malheureux » que le National Philharmonic n'ait pu surmonter des années de difficultés financières. Sa salle perd l’un de ses deux orchestres résidents, arrivé là il y a une quinzaine d’années.

L’orchestre, fondé en 1983 par Piotr Gajewski, toujours à la tête de l’institution, avait rapidement fait ses preuves grâce aux musiciens indépendants qui composaient ses rangs. Ces musiciens, ainsi que les membres du personnel de l’orchestre, vont se retrouver sans emploi avant l’automne. Ce sont en tout 130 personnes qui sont licenciées. 

D'autres institutions sur la sellette

Le National Philharmonic n’est pas le seul orchestre en difficulté. Depuis le printemps, la grève patronale se poursuit à l'orchestre symphonique de Baltimore. On parle de lock-out. La saison estivale du Baltimore Symphonic Orchestra a été annulée du jour au lendemain. Les musiciens ne sont plus payés. Une situation qui devrait durer au moins tout l’été. 

Selon les syndicats, il est là aussi question de problèmes financiers. L’orchestre a perdu 16 millions de dollars au cours de la dernière décennie et reproche aux précédents gouvernements de l'État d'avoir considérablement réduit la dotation dans le passé. Les musiciens dénoncent aussi des mauvais choix stratégiques de la part de la direction, qui n’a pas assez profité de sa résidence secondaire à Strathmore pour étoffer sa programmation, et ainsi remplir les caisses. 

Le milieu culturel et musical du comté de Montgomery, dans le Maryland, est victime des budgets à la baisse. Mais il se relèvera, d’après les musiciens, à condition bien sûr que des efforts et des choix justes soient faits de la part des autorités de l’État.