« Au moins trois spectacles » seront annulés la saison prochaine à l’Opéra de Paris

Stéphane Lissner, directeur de l’Opéra de Paris, a annoncé sur France Info l’annulation de trois nouvelles productions la saison prochaine pour réduire les pertes de l’institution qui s’élèvent à plus de 16 millions d’euros depuis le début de la grève.

« Au moins trois spectacles » seront annulés la saison prochaine à l’Opéra de Paris
Stéphane Lissner sur le plateau de L' invité éco de France Info, © Capture d'écran / France Info / Radio France

Invité éco de Jean Leymarie sur France Info le mercredi 5 février, Stéphane Lissner a annoncé des mesures d’économie pour réduire les pertes de l’Opéra de Paris qui s’élèvent à 16 millions d’euros depuis le début de la grève. 

« Je serai obligé de prendre des mesures assez fortes qui devront être en mesure, non pas de nous ramener à l'équilibre, mais de diminuer le déficit prévisionnel », a déclaré le directeur de l’Opéra, qui annonce « des économies assez drastiques à l'intérieur de tous les services », et la forte diminution des « investissements dans les 3 ou 4 prochaines années ». 

Ainsi, le directeur de l’Opéra de Paris déclare « être contraint d'annuler des nouvelles productions qui sont prévues pour la saison  2020/2021 ». Sur la prochaine saison, « au moins trois spectacles » seront annulés et remplacés. Il ajoute qu’il devrait être en mesure d’annoncer quelles productions sont concernées à la fin du mois de février. 

« Une grève perlée »

Le mouvement de grève n’est « pas terminé » à l’Opéra de Paris, affirme Stéphane Lissner, lorsque Jean Leymarie lui pose la question. D'autres représentations pourraient être annulées, comme celles de ce jeudi 6 février, « puisqu'il y a une mobilisation nationale. La position aujourd'hui de l'intersyndicale, c'est de faire des grèves sur les premières de chaque spectacle et lorsqu’il y a un appel à manifester au niveau national », explique le directeur. « Ce n'est plus une grève continue illimitée, comme nous l'avons connue jusqu'au 23 janvier. C'est une grève perlée ».

« Une nouvelle séquence »

Le directeur défend la spécificité de certains métiers comme ceux des danseurs et des techniciens, dont les contraintes « ne permettent pas d’aller au-delà d’un certain âge ».  Les danseurs, qui sont aujourd’hui à la retraite à 42 ans « vont pas danser plus longtemps », déclare Stéphane Lissner.

L’heure est selon lui à la négociation, « le ministre a reçu l’ensemble des organisations syndicales en ma présence et il a rappelé l’attachement de l’Etat vis-à-vis de l’exigence artistique de cette entreprise. Il rappelle qu’il accompagnera financièrement les mesures nécessaires pour adapter la réforme actuelle voulue par le gouvernement. » Et de conclure, « je pense aujourd’hui qu’on devrait rentrer dans une nouvelle séquence. Si nous n’entrons pas dans cette nouvelle séquence, la situation deviendrait véritablement catastrophique » .