A New York, plus les danseuses sont habillées moins elles sont rémunérées

Dans la production des Contes d’Hoffman d'Offenbach qui se joue depuis le 26 septembre 2017 au Metropolitan Opera de New York, plusieurs figurantes interprètent des courtisanes vénitiennes, avec une importante baisse de salaires les soirs où elles sont un peu plus vêtues sur scène.

A New York, plus les danseuses sont habillées moins elles sont rémunérées
Les Contes d'Hoffmann au Metropolitan Opera de New York, © Capture d'écran MET

Au Metropolitan Opera de New York, un scandale entache l’actuelle production des Contes d’Hoffmann d’Offenbach, dont la première a eu lieu le 26 septembre 2017. Sur scène, des figurantes interprètent des courtisanes vénitiennes. Et selon le site américain Patch, elles sont rémunérées à hauteur de la quantité de peau qu’elles dévoilent sur scène.

Six comédiennes touchent en effet 448 euros pour 5 représentations dans lesquelles elles sont vêtues de cache-tétons et d’un string. Mais lorsqu'elles portent un soutien-gorge et une culotte, pour 4 autres représentations, leur salaire tombe à 235 dollars, soit un cachet divisé par deux.

Selon Peter Gelb, le directeur général du MET, cette mesure permet à l’institution, en grandes difficultés financières, de faire des économies. Un porte-parole de l’établissement a ainsi déclaré au Wall Street Journal que « couper les salaires des comédiennes lorsqu’elles portent un soutien-gorge permet à l’établissement d’économiser plusieurs milliers de dollars sur la saison. »

Et ce n'est pas le premier litige qui oppose la direction aux figurantes pour cette production. Au départ, les comédiennes contestaient leur faible rémunération qui devait être de 128 euros par spectacle. C'est seulement après le début des répétitions qu'elles ont découvert leur nouveau salaire et le système de double cachet. Deborah Alton-Maher, directrice générale adjointe du syndicat American Guild of Musical Artistes, rapportent qu'elles ont été « très humiliées et bouleversées ». Elle explique qu’il est d'usage que les danseurs et danseuses soient mieux rémunérés en fonction de certaines demandes spécifiques, comme la nudité, mais que ça n’est pas justifié dans cette situation.

Selon une source proche de l’équipe de production, « cette réduction de salaire laisse supposer que leur performance repose principalement sur leur nudité », alors qu’elles effectuent sur scène des mouvements chorégraphiques complexes.