En Roumanie, le festival Enescu fait la fierté du pays

Tous les deux ans, la ville de Bucarest organise un festival de musique de grande ampleur, le Enescu Festival : plus de 80 concerts sont organisés dans la capitale roumaine. Un événement qui fait la fierté du pays.

En Roumanie, le festival Enescu fait la fierté du pays
L' Auditorium de la radio nationale roumaine avec le pianiste Francesco Tristano , l'Orchestre philharmonique de l'Etat de Sibiu et le chef Cristian Lupes, © Aliette de Laleu

Les principaux événements du festival Enescu ont lieu dans la capitale roumaine, mais Evènement s’étend également dans une dizaine d’autres villes du pays. En tout, plus de 1 000 artistes roumains ont été appelés à y participer. C’est le cas de Tiberiu Soare, chef d’orchestre roumain qui vit à Bucarest : « Pour tout musicien roumain c’est un grand plaisir d’être ici, c’est le plus prestigieux festival de musique classique que l’on peut trouver en Roumanie et c’est devenu une sorte de label culturel du pays, il y a quelque chose de plus que la musique : tous les deux ans en septembre, Bucarest devient un point central de l’univers musical en Europe, et même au-delà. »
 

Un label culturel que le gouvernement roumain soutient financièrement à hauteur de 75% du budget total. Pour le directeur du festival, Mihai Constantinescu en poste depuis 30 ans, cette aide ne faiblira pas : « Je crois que l'édition suivante de 2021 qui sera la 25e édition du festival sera aussi financée par le gouvernement parce que tout le monde, je crois, a compris que c'est une grande occasion pour la Roumanie de se présenter en ce moment comme un pays qui n'est pas connu seulement par la corruption et par les choses politiques, mais aussi par la culture. »
 

L' Athénée roumain de l'intérieur
L' Athénée roumain de l'intérieur , © Aliette de Laleu

Pour le festival, cela passe également par la promotion de créations actuelles. Depuis la dernière édition, il défend la musique contemporaine, un pari risqué car ce ne sont pas des musiques jouées par les orchestres du pays, nous a-t-on expliqué. Stoïka Teodora est premier violon dans l’Orchestre philharmonique moldave de Lasi et pour son ensemble, le festival est la seule occasion de jouer un répertoire du XXIe siècle : « De manière générale, quand on vient au festival Enescu avec l'orchestre, on joue toujours des compositions de musique contemporaine, et c'est assez unique. Dans le cadre de notre saison c'est la seule fois où l'on joue ce genre de musique. C'est un peu cela qui fait la différence entre notre saison habituelle et quand on vient au festival. »
 

Le remplissage était encore compliqué pour les concerts de musique contemporaine. Le directeur souhaite notamment modifier la formule pour l’édition suivante, en mélangeant notamment les genres et les programmes.