Attentats de Paris : après l’effroi, la musique

Comment exprimer l’effroi ? Près de quinze jours après les dramatiques événements survenus à Charlie Hebdo et Porte de Vincennes, les hommages musicaux se poursuivent au CNSM de Paris et à l'Opéra national de Paris.

Attentats de Paris : après l’effroi, la musique
Stéphane Lissner et le choeur de l'Opéra national de Paris, lors de l'hommage rendu aux victimes des attentats de Paris.

D’abord, il y eut l’hommage spontané : jeudi 8 janvier 2015, au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, 150 musiciens se réunissaient à Trafalgar Square pour jouer l’Adagio de Samuel Barber. Certains sont musiciens amateurs, d’autres solistes professionnels : tous exprimaient un peu de leur tristesse.

Le même jour, l’Orchestre philharmonique de Radio France faisait suivre la minute de silence observée par toutes les antennes de Radio France par l’Allegretto de la 7ème symphonie de Beethoven, sous la direction de Daniel Harding.

www.francemusique.fr A l’antenne de France Musique, Lionel Esparza modifie son magazine : comment évoquer le drame ? Il programme le Libera me du Requiem de Gustave Fauré, le lied Ich bin der welt abhanden gekommen (« Je me suis perdu dans le monde ») de Gustav Mahler, l’andante du Quintette en fa mineur de Brahms…

Puis, passé le premier cri, il y a les différentes expressions de la tristesse. Là où les mots manquent, ou ne suffisent plus, certains cherchent les notes. « Nous, musiciens, jouons et continuerons à jouer, pour la liberté et contre l’obscurantisme » déclare le message des élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris (CNSMdP), message accompagné d’une interprétation du 3ème mouvement de la symphonie n°1 « Titan » de Gustav Mahler.

Un choix symbolique à plus d’un titre, puisque ce mouvement - « solennel et mesuré, sans traîner » selon les mots du compositeur – est aussi un hommage rendu par Mahler à Jacques Callot, auteur de la série de gravures Les misères et les malheurs de la guerre

Les élèves du conservatoire prennent leurs instruments, et bon nombre de directeurs d’institutions prennent la parole pour dédier les représentations aux victimes. A l’Opéra national de Paris, les paroles de Stéphane Lissner, avant la première de Don Giovanni le 15 janvier, sont suivies d’un hommage du chœur. L’opéra a choisi Va, pensiero, extrait de Nabucco, un « chœur d’union, de liberté et de résistance ». L’émotion laisse la place à la réflexion : « nous avons voulu marquer notre confiance dans les grands principes sur lesquels repose la République » déclare le directeur de l’opéra.

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