Applaudissements pour la flûtiste qui dénonce les inégalités salariales

Elizabeth Rowe, flûte solo de l'Orchestre symphonique de Boston, a récemment décidé de porter plainte contre sa direction pour inégalité salariale avec son homologue masculin. Dimanche 8 juillet à Tanglewood, elle a été chaudement applaudie par le public et surtout par ses collègues musiciens.

Applaudissements pour la flûtiste qui dénonce les inégalités salariales
Elizabeth Rowe, flûtiste solo de l'Orchestre symphonique de Boston, © Marco Borggreve / Boston Symphony Orchestra

Il est habituel de voir un chef d'orchestre demander à des musiciens solistes de se lever au moment des applaudissements du public. Cela l'est moins lorsque les applaudissements viennent de la part des musiciens eux-mêmes, depuis la scène. Or c'est de cette façon que les membres de l'Orchestre symphonique de Boston ont apporté leur soutien à leur consoeur Elizabeth Rowe à l'issue d'un concert dirigé par Andris Nelsons. La flûtiste solo de l'ensemble vient de porter plainte contre sa direction en raison d'une inégalité salariale de genre. 

En 2016, elle a gagné 70 000 dollars de moins que son homologue masculin hautbois solo. La flûtiste s'est alors appuyée sur la loi concernant l'égalité salariale, entrée en vigueur le 1er juillet 2018 dans l'Etat du Massachusetts. Jusqu'à présent, les musiciens de l'orchestre étaient restés plutôt discrets, se refusant à commenter l'affaire. Seul, John Ferillo, hautboïste solo avec lequel Elizabeth Rowe a comparé son salaire, a tenu à soutenir sa consoeur. « Je considère qu'Elizabeth est mon égale et qu'elle est au moins aussi digne de percevoir le même salaire que le mien » a t-il déclaré dans un communiqué. Un type de soutien très rare a souligné l'avocate de la flûtiste. 

Depuis 2015, elle tente de négocier avec la direction de l'orchestre pour obtenir une égalité salariale, en vain. Elle réclame 200 000 dollars de salaire impayé et de dommages et intérêts. La direction de l'Orchestre symphonique de Boston s'est contentée de déclarer qu'elle ne pouvait pas commenter une affaire judiciaire en cours.