Andrea Bocelli provoque le scandale en Italie

Mis à jour le jeudi 30 juillet 2020 à 11h13

Le ténor italien a estimé que les mesures pour lutter contre le Covid-19 étaient « trop alarmistes ». Ses déclarations ont du mal à passer dans le 5e pays le plus touché par l’épidémie dans le monde.

Andrea Bocelli provoque le scandale en Italie
Andrea Bocelli, le 12 avril dernier, à Milan, pour un concert spécial de célébration de Pâques, en plein cœur de l'épidémie de Covid-19., © AFP / Piero Cruciatti

C’était lors d’un congrès, organisé ce lundi. Andrea Bocelli prend la parole et tacle les mesures gouvernementales dédiées à la gestion de la crise sanitaire. Devant le Sénat italien, l’artiste est présenté par le leader de l’opposition de droite, Matteo Salvini, qui lui aussi, s’est élevé contre les mesures prises par l’État pour endiguer l’épidémie.

La star internationale – d’ailleurs nominée aux Grammy - a déclaré qu'il était « indigné » de ne pas pouvoir quitter son domicile alors qu'il n'avait « commis aucun crime ». « Je me suis senti humilié et offensé d’avoir été privé de ma liberté de sortir », déclare-t-il selon le Corriere della Sera.

Non-respect du confinement

Devant personnalités politiques et experts italiens, le ténor ne se dégonfle pas. Il va même jusqu’à avouer avoir bravé les règles sanitaires qui avaient été imposées : « Cela ne me semblait pas juste et sain de rester à la maison, s'est-il justifié. J'ai besoin du soleil et de vitamine D. » Rappelons qu’au plus fort de la quarantaine, les Italiens ne pouvaient quitter leur domicile que pour aller travailler, promener des chiens ou acheter de la nourriture ou des médicaments.

Dans sa prise de parole, Bocelli n’hésite pas à émettre des doutes sur la gravité du virus. Il déclame : « quand nous sommes entrés dans la phase de confinement total, j'ai essayé de me mettre à la place de ceux qui devaient prendre des décisions aussi délicates. Ensuite, j'ai essayé d'analyser la réalité et j'ai vu que les choses n'étaient pas comme on nous le disait. Mes enfants ont été les premiers à m'attaquer quand j'ai émis des doutes. Je connais beaucoup de monde mais je n'ai jamais connu personne qui était allé en soins intensifs, alors pourquoi autant de gravité ? »

Un revirement surprenant

Un retournement de veste qui laisse nombre d’Italiens sans voix. En mai, Andrea Bocelli annonçait avoir été contaminé par le Covid-19, évoquant avoir vécu « un cauchemar », toujours selon le Corriere della Sera. « Mon expérience du coronavirus ? Une tragédie, nous avons tous été contaminés dans la famille, avec de la fièvre, même si elle n'était pas forte, la toux et les éternuements », déclarait-il devant la presse.

Avant cette polémique, Andrea Bocelli avait pourtant ému l’Italie avec une performance diffusée en direct depuis la ville de Milan. Le chanteur s'était installé, seul, dans la cathédrale de Milan, le Duomo, alors vide, en plein week-end de Pâques.

La polémique et des accusations

Suite à ces propos devant le Sénat, les réseaux sociaux se sont emballés. Beaucoup montent au créneau contre les propos de l’artiste. Alors que la barre des 35 000 décès liés au coronavirus a été franchie dans le pays, cette prise de parole est associée à du négationnisme. Le rappeur Fedez, qui, durant la période de confinement s’était prêté au jeu d’un concert aux balcons en duo avec Bocelli, s’en est ému. « Si vous ne connaissez personne ayant été en thérapie intensive et que vous vous permettez d'instaurer le doute que la pandémie puisse être de la science-fiction, je vous présente l'un de mes amis, qui, à cause du Covid a subi un transplant des poumons à 18 ans », a posté le chanteur de 30 ans, appelant Bocelli à rester silencieux.

Bocelli plaide l’incompréhension

Avec l’emballement autour de ces dires, le ténor de 61 ans a dû s’excuser. Dans une vidéo publiée sur Facebook, il apparaît la mine grave, contraint de rétropédaler après sa sortie au Sénat. « Si mon intervention au Sénat a généré des souffrances, je m'en excuse sincèrement, car ce n'était pas mon intention. Tout comme il n'était pas dans mes intentions d'offenser les personnes frappées par le Covid-19 », soutient-il. Le chanteur dit ensuite prier pour retrouver « la normalité, revivre comme des enfants ». Reste une sortie médiatique peu reluisante, qui pourrait bien suivre le ténor durant toute la crise sanitaire.