Ambronay Editions, 10 ans de disques en compagnie des artistes

10 ans d’existence, et près de 50 enregistrements à leur actif… A une époque où la « crise du disque » est le pain quotidien des éditeurs de musique classique, comment le label Ambronay Editions résiste-t-il ?

Ambronay Editions, 10 ans de disques en compagnie des artistes
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L’histoire du label Ambronay Editions, c’est à la fois celle du festival, et celle de ses artistes. Lorsqu’Ambronay devient « Centre Culturel de Rencontre » (CCR) en 2003, et ajoute au festival né en 1980 des activités patrimoniales et des actions scolaires, il donne aussi naissance en 2005 à « Ambronay Editions ». Une initiative d’Alain Brunet, père fondateur du festival, et d’Isabelle Battioni, qui devient responsable du label.

Dix ans plus tard, Alain Brunet a cédé sa place de directeur général à Daniel Bizeray, le label compte près de cinquante références, dispose d’un budget stable année après année, maintient un rythme de 4 ou 5 enregistrements par an, et projette même de doubler le nombre de disques de ses jeunes ensembles.

Ambronay Editions, un modèle pérenne

« Nous ne sommes pas qu’un label ». Pour Pierre Bornachot, responsable du pôle artistique du CCR d’Ambronay, la force du label réside dans le CCR. D’une part car les disques sont enregistrés pendant le festival (sans dépense supplémentaire), avec des artistes qui y ont leurs habitudes, et d’autre part car les ventes de disques sont étroitement liées aux concerts.

Comme le soulignent de nombreux ensembles qui créent leur propre label (Les Arts Florissants, ou, plus récemment, l’Orchestre symphonique de Bretagne), le public est particulièrement friand des disques vendus à l’issue des concerts. Ambronay y réalise de très bonnes ventes, auxquelles s’ajoutent celles réalisées lors des tournées des artistes. Si la plupart des disques diffusés par Ambronay sont tirés à deux ou trois mille exemplaires, le succès d’un concert peut porter ce chiffre à dix mille exemplaires. Ce fut le cas pour Il diluvio universale de Michelangelo Falvetti, interprété par la Cappella Mediterranea et le Chœur de Namur dirigés par Leonardo Garcia Alarcon.

Leonardo Garcia Alarcon a enregistré onze disques pour le label, participant activement à la redécouverte de Falvetti, mais aussi de la compositrice Barbara Strozzi. Sa carrière est étroitement liée à Ambronay : artiste en résidence en 2010, il devient ensuite artiste associé du CCR en 2014. Entre temps, l’Argentin aborde de nouveaux horizons : il enregistre avec Anne Sofie von Otter pour le label Naïve, dirige Elena de Cavalli au Festival d’Aix en Provence… mais n’oublie pour autant pas le rôle qu’a joué Ambronay dans cet envol.

« Nous n’avons pas vocation à retenir les artistes ad vitam aeternam » confie Pierre Bornachot. Et pour cause : Ambronay a de nombreux jeunes talents à faire découvrir. Chaque année depuis 2010, le label ajoute un disque (deux à partir de 2016) dans sa collection « Jeunes Ensembles », permettant de découvrir les ensembles Les Ombres, Les Esprits Animaux, ou encore Les Surprises.

Une vitrine pour ces ensembles qui enregistrent un disque pour la première fois… Mais aussi pour Ambronay, qui trouve dans le disque un bon moyen de se rendre visible, en particulier à l’étranger où se réalisent 39% des ventes. Une « carte de visite » dans laquelle le projet prime pour le choix de l’enregistrement : si le label n’évite pas les œuvres connues (Requiem de Mozart, Vêpres de Monteverdi..), l’accent est mis sur le répertoire méconnu. C’est alors que le disque devient patrimoine, et conserve la trace d’un instant unique…

Jeudi 28 mai, le label Ambronay Editions fête son 10ème anniversaire à la Bellevilloise (Paris). Une soirée à suivre sur en direct sur le .

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