Aida de Verdi à l’opéra Bastille mis en scène par Olivier Py : les premières réactions

La première représentation d’Aida de Verdi, à l’opéra Bastille, a été huée jeudi 10 octobre. Au lendemain de l’événement, et en attendant l'avis du Casque et l'Enclume, voici un premier panorama des critiques de presse.

Aida de Verdi à l’opéra Bastille mis en scène par Olivier Py : les premières réactions
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Suite à une répétition générale d’Aida houleuse à l’Opéra Bastille, quelles sont les premières réactions de la presse au lendemain de la grande première ? Mise en scène d’Olivier Py, direction de Philippe Jordan, Oksana Dyka dans le rôle titre… Bien des facteurs entrent en jeu dans la réception de cette nouvelle production.

En attendant l’émission le casque et l’enclume de ce jour, à12h30, dans laquelle Lionel Esparza recevra Christian Merlin, du Figaro, Benoît Fauchet, de l’AFP, et Richard Martet, d’Opéra Magazine, voici un petit tour d’horizon des premières réactions des journalistes :

Commençons justement par Christian Merlin qui, dans le Figaro de ce jour, titre « Aida sifflée à la Bastille : une réaction injuste ». Le journaliste revient ainsi sur les critiques émises à l’encontre de la mise en scène d’Olivier Py, qualifiant la proposition du metteur en scène « appuyée mais convaincante ». S’il vante la direction de Philippe Jordan, et le raffinement de l’Orchestre de l’Opéra de Paris « aujourd’hui sans concurrence », Christian Merlin a beaucoup moins apprécié la performance d’Oksana Dyka, qui « n’a pas compris qu’elle ne chante pas dans un stade ». Verdict sur cette distribution « irrégulière » : « le public a sifflé à la tombée du rideau, ce qui n’était pas mérité ».

Franck Vaillant, Olivier Py et Jean-Philippe Morel ©olivierpy.com
Franck Vaillant, Olivier Py et Jean-Philippe Morel ©olivierpy.com

Même nuance pour Philippe Thanh dans La Lettre du Musicien : « beaucoup de bruit pour pas grand-chose », et même éloge d’un orchestre « à son firmament ». Concernant la mise en scène d’Olivier Py, Philippe Thanh note qu’on « peut contester le principe de la transposition (…) mais on ne peut lui dénier sa cohérence ». Comme Christian Merlin, Philippe Thanh critique une distribution inégale, mais tempère le jugement sur Oksana Dyka - « encore jeune pour le rôle (elle) a tout pour être une grande Aïda » - et déplore les performances de Sergey Murzaev en Amonasro, « sonore mais sans nuances », et de Luciana d’Intino (Amnéris), « à l’aigu solide mais au médium désormais bien peu audible ».

De son côté, Forum Opera, sous la plume de Laurent Bury, titre « Veuillez éteindre votre cerveau pendant toute la durée de la représentation », et critique les huées : « comme si l’opéra restait un art qui ne doit surtout pas donner à réfléchir ». Le journaliste note que c’est surtout « l’association du sabre et du goupillon », le rapprochement entre catholicisme et violence, qui a choqué le public et précise que le travail d’Olivier Py est « respectueux et intelligent ».

Comme l’écrit Philippe Thanh, les huées lors des premières d’opéra sont monnaie courante. Adepte ou non de la distribution, cette dernière ne laisse pas indifférent…

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