Agression sexuelle sur mineure, le trompettiste Ibrahim Maalouf relaxé en appel

Mis en cause dans une affaire d'agression sexuelle sur mineure en 2013, le trompettiste vient d'être relaxé en appel. En 2018, il avait été condamné en première instance à 4 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende.

Agression sexuelle sur mineure, le trompettiste Ibrahim Maalouf relaxé en appel
Novembre 2018, Palais de justice de Créteil. Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf lors de l'ouverture de son procès pour agression sexuelle sur mineure. Il a été relaxé en appel, © AFP / Philippe LOPEZ

Accusé d'agression sexuelle sur mineure, le trompettiste et compositeur Ibrahim Maalouf vient d'être relaxé en appel. Il avait été condamné en première instance à 4 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour des faits s'étant déroulés en 2013. Une décision saluée comme une "très grande victoire" pour sa défense mais qualifiée d'"inique" par les parents de la plaignante. Le musicien franco-libanais était accusé d'avoir embrassé une adolescente qui effectuait un stage dans son studio d'enregistrement. Elle avait 14 ans au moment des faits. 

"Cette relaxe prononcée démontre enfin son innocence, alors que je rappelle que son nom, son honneur, ont été jetés en pâture, notamment sur les réseaux sociaux", a réagi son avocate, Me Fanny Colin, saluant une "très grande victoire pour Ibrahim Maalouf, dont l'honneur est rétabli".  Il s'agit au contraire d'une décision "inique" pour la plaignante et ses parents, a rapporté leur avocat Me Jean-Baptiste Moquet, qui a précisé que la famille, "abasourdie", allait s'exprimer "dans les jours qui viennent." "Si je ne parle plus comme avocat de la victime et de ses parents, mais en tant que professionnel, c'est incompréhensible", a-t-il ajouté. "La justice n'est pas la même pour les personnalités" et "pour le commun des mortels".

Ibrahim Maalouf, qui n'était pas présent pour la décision mercredi, a toujours nié toute agression sexuelle et avait fait appel. A l'audience en appel le 2 juin, l'avocate générale a requis deux ans de prison avec sursis à son encontre ainsi que 40 000 euros d'amende. La jeune fille, qui était en stage au moment des faits, avait déclaré que le musicien l'avait embrassée une première fois un soir à la sortie d'un cinéma en 2013. 

Lui avait affirmé qu'elle était à l'origine du baiser, assurant avoir repoussé ses avances.  Deux jours plus tard, selon la version de la plaignante, il l'avait à nouveau embrassée, cette fois dans son studio d'enregistrement d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), puis "attrapée par le bassin", mimant un acte sexuel. Cette deuxième séquence n'a jamais existé, avait soutenu l'artiste, qui a produit entre les deux instances de nouveaux justificatifs de son emploi du temps à cette date. 

"Ibrahim Maalouf n'a pas adopté un positionnement adéquat à l'égard (de la) jeune fille de 14 ans, nécessairement suggestible, en échangeant avec elle des messages totalement inadaptés, attitude qu'il a lui même qualifiée de 'nauséabonde'", selon l'arrêt de la cour d'appel, qui souligne qu'elle n'est cependant pas saisie de ces faits. "Le baiser posé le 11 décembre 2013 est bien réel mais l'intention coupable fait défaut, faute d'éléments permettant d'affirmer avec certitude qu'il en aurait été l'initiateur", poursuit la cour. "La preuve matérielle des faits qui seraient survenus le 12 ou le 13 décembre dans le sous-sol du studio d'enregistrement n'est pas rapportée, ce qui ne signifie pas que (la jeune fille) a menti mais que sa vérité n'est pas partagée par la cour, en l'absence d'éléments suffisamment pertinents, précis et concordants."

Les parents de la jeune fille avaient signalé les faits un an plus tard, après qu'elle s'était confiée à un médecin. Elle avait commencé à se scarifier et à avoir des troubles alimentaires et a depuis effectué plusieurs hospitalisations et thérapies. Une enquête avait été ouverte dans la foulée par le parquet de Créteil débouchant sur le placement en garde à vue en janvier 2017 d'Ibrahim Maalouf.