Affaire des loges de l’Opéra Garnier : clap de fin ?

Le tribunal administratif de Paris a rejeté, dans une décision de justice rendue le 13 octobre 2016, la requête des opposants au projet de modification des loges dans le Palais Garnier.

Affaire des loges de l’Opéra Garnier : clap de fin ?
Stéphane Lissner, directeur de l'Opéra de Paris dans une loge du Palais Garnier ©GDecalf/RadioFrance

Jamais deux sans trois... ou plutôt quatre, car pour la quatrième fois le tribunal administratif de Paris rejette la requête des opposants au projet de modification des loges de l’Opéra Garnier. Pourtant le 29 septembre, le rapporteur public préconisait une « annulation de la décision d'installation des cloisons ».

L'affaire traîne en justice depuis le 13 novembre 2015, quand la Société de protection des paysages et de l’esthétique français (SPPEF) et Christophe Rizoud, en qualité d’abonné de l’Opéra national de Paris, déposent en référé au tribunal administratif de Paris une demande de suspension des travaux au Palais Garnier.

Rappel de l’affaire : Modification des loges de l’Opéra de Paris : que s’est-il passé ?

Dans la décision de justice, le tribunal déboute la SPPEF (Christophe Rizoud s’étant désisté de l’instance le 11 décembre 2015) et estime que la modification des loges « ne porte pas une atteinte substantielle de nature à faire perdre à la salle de l’Opéra Garnier l’intérêt d’art et d’histoire ayant justifié son classement ».

Le Palais Garnier est en effet classé monument historique depuis 1923. Toute modification ou travaux doit donc faire l’objet d’une demande auprès du ministère de la Culture représenté dans ce cas par la DRAC (Direction régionales des affaires culturelles). Dans l’affaire des loges du Palais Garnier, l’autorisation a été délivrée après le début des travaux. Un fait reconnu par le tribunal de Paris mais qui n’empêche pas la tenue des travaux.

De son côté, dans un communiqué, l'Opéra de Paris « prend acte du jugement en tant qu’il censure la rapidité de l’installation du prototype de cloisons amovibles à l’été 2015, en accord avec le ministère de la culture mais préalablement à la délivrance formelle de l’autorisation ». Et se félicite que le tribunal rejette « l’ensemble de l’argumentation des requérants et valide la légalité de l’autorisation de l’opération ».

La décision de justice demande à l’Opéra National de Paris de rembourser les frais d’avocat mais rejette toutes les autres requêtes. Y compris celle de l’Opéra de Paris qui demandait à ce que soit supprimés les propos tenus par Hugues Gall dans le Journal du Dimanche du 8 novembre 2015. L’ancien directeur de l’Opéra de Paris comparait les travaux à Garnier aux destructions de sites culturels en Syrie : « Les vandales ne sont pas qu’à Palmyre ».

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