Musica place le spectateur au centre

Le festival Musica se tient à Strasbourg jusqu’au 5 octobre 2019, avec cette année une toute nouvelle Académie des spectateurs.

Musica place le spectateur au centre
Le festival Musica propose désormais une Académie des spectateurs, © Getty / Ryan McVay

L’Académie des spectateurs est née au festival Musica, à Strasbourg, avec l’arrivée de son nouveau directeur, Stéphane Roth, et sa volonté d’impliquer encore plus le public dans la manifestation : « L’enjeu fondamental, aujourd’hui pour nous dans le monde de la musique, c’est d’être capable de créer du public. »

Au sein de la manifestation, l'académie se décline en plusieurs activités. Les spectateurs sont invités à programmer certains concerts et un Laboratoire de l’écoute est proposé au public, pour mieux cerner ses attentes, ses envies et agir ainsi sur la réception des œuvres : « On fait beaucoup d’études des spectateurs qui nous permettent de nous renseigner leur sexe, leur âge, leur profession. C’est très important de faire de la sociologie en ce sens, mais il me semble qu’on devrait aller beaucoup plus loin en essayant d’observer la sensibilité, la relation à l’écoute, qui est quelque chose d’extrêmement vaste, complexe et dont on a peu connaissance aujourd’hui encore en musique. »

Inspirée d’un laboratoire de l’ouïe qui existait déjà au 19e siècle, cette expérience a été conçue par Bastien Gallet et David Christoffel. Ce dernier nous présente le dispositif : « C’est une boîte dans laquelle on entre seul, et où on va suivre un protocole expérimental qui est donc gardé secret pour ne pas fausser l’expérience. Il y a de la musique qui est diffusée et un jeu de réaction qui se prête en fonction de différentes consignes qui peuvent être distribuées tout au long de la petite heure que ça dure »

Une expérience scientifique

« Il s’agit d’une expérience scientifique », précise le compositeur et musicologue David Christoffel. « Tout ce que l’on fait dans cette boîte est filmé, enregistré et sera analysé puisque tous les participants suivent le même protocole ». 

Un protocole qui vise donc à guetter les émotions et les pensées qui nous traversent lorsque l’on l’écoute de la musique, comme l’ennui par exemple. Il y a notamment des petits objets à manipuler, des questions auxquelles il faut répondre. Et c’est justement le mystère qui entoure l’expérience qui a en partie séduit Maryse. Elle a découvert le laboratoire en achetant une place pour un concert du festival : « J’ai trouvé la proposition intéressante et ça m’a tout de suite donné envie d’y participer même si je ne sais pas du tout de quoi il s’agit, mais c’est aussi l’intérêt, de se faire surprendre et d’accepter ce qu’il se passe. »

Le mot « Lab » a également particulièrement retenu son attention. « Laboratoire, expérimentation, expérimental… ça me plait », dit-elle en riant. Les résultats sont collectés pour une phase d’analyse qui impliquera également les participants. Viendront ensuite diverses conclusions.