A Bordeaux, les occupants du Grand-Théâtre ont été évacués par les forces de l'ordre

Depuis le 15 mars, l'Opéra de Bordeaux faisait partie des théâtres occupés dans le cadre des revendications pour la réouverture des lieux de culture. Les militants ont été évacués mercredi 24 mars, sur décision de la mairie.

A Bordeaux, les occupants du Grand-Théâtre ont été évacués par les forces de l'ordre
L'opéra de Bordeaux a été occupé plusieurs jours durant, © Getty

Mercredi en fin de matinée, la trentaine de personnes qui occupait l’opéra de Bordeaux a quitté les lieux, évacuée par les forces de sécurité. Cette opération est intervenue après la requête aux fins d’expulsion déposée par la présidence de l’Opéra auprès du Tribunal Administratif.

Le 15 mars, un groupe d’intermittents soutenu par des syndicats s’est installé sur les lieux, dans le cadre d’un mouvement national étendu sur 70 salles de spectacle en France pour appeler à la réouverture des lieux culturels.

Le 18 mars, de nouveaux occupants « étrangers aux revendications initiales du monde culturel » (selon un communiqué de la ville du 23 mars) ont investi les lieux, remettant progressivement en cause les « conditions sanitaires et de sécurité initiales qui avaient été convenues entre les syndicats et la direction de l’Opéra ». Les syndicats ont immédiatement réagi : « dès le mercredi soir, nous avons donné l’alerte à la présidence et à la direction », soulignait Framboise Thimonier, référente du syndicat Synptac-CGT Aquitaine, qui déplore une « manipulation et une récupération du mouvement ». Le 19 mars, la CIP Gironde Aquitaine suivait le retrait de la CGT en quittant les lieux à son tour.

Dans ce contexte, un désaccord interroge sur les conditions de prises de décision dans la ville récemment passée verte, avec l’élection de son nouveau Maire Pierre Hurmic. Le 23 mars, la Préfète manifestait par voie de communiqué son inquiétude sur les « conséquences de cette occupation », elle avançait par ailleurs qu’il incombait au gestionnaire de l’établissement (la Mairie de Bordeaux) ayant ouvert les portes du théâtre de saisir le juge administratif pour procéder à l’expulsion. Dans la foulée, la Mairie contestait ces dernières informations, se disant « étonnée de la communication préfectorale ».

La résolution de l’occupation a toutefois procédé d’une démarche de la Ville et de la direction de l’Opéra, demandant aux occupants de quitter le Grand-Théâtre sans délai. « La grande majorité des acteurs culturels ne se reconnait plus dans cette occupation du Grand-Théâtre qui met en risque ce joyau du patrimoine », expliquait l’autorité municipale dans un nouveau communiqué du 24 mars. A l’instar de l’hexagone tout entier, le public bordelais ne peut désormais qu’espérer une levée pacifique et durable du « dispositif de sécurité [...] mis en place pour interdire toute nouvelle entrée dans le bâtiment ».