7 petites choses que vous ne savez (peut-être) pas sur Jean Sibelius

Mis à jour le mardi 20 septembre 2016 à 09h10

Le 8 décembre 1865, naissait Johan Julius Christian Sibelius, mieux connu sous le prénom Jean. Retour en anecdotes sur la vie de ce symbole de la musique finlandaise.

7 petites choses que vous ne savez (peut-être) pas sur Jean Sibelius
Le compositeur Jean Sibelius (1865-1957)

Auteur de sept symphonies, de nombreuses célèbres pièces comme Finlandia, le Cygne de Tuonela ou encore Les Océanides, Jean Sibelius a participé, par sa musique, à forger l’identité nationale finlandaise, marquant profondément l’histoire du pays.

Né le 8 décembre 1865 à Hämeenlinna (capitale de la province de Finlande méridionale), et disparu à 91 ans, le 20 septembre 1957 à Järvenpää, près d’Helsinki, Jean Sibelius est sans aucun doute le plus célèbre des compositeurs finlandais. Sait-on tout de lui ? Retour sur son riche parcours à travers sept anecdotes.

Il écrit sa première œuvre à 10 ans

Orphelin de père à 3 ans, Jean Sibelius est très influencé par son oncle Pehr Ferdinand Sibelius, violoniste amateur. C’est lui qui offre au jeune Jean, alors âgé de 10 ans, son premier violon, et qui l’encourage à composer. Ses premières leçons de musique, Jean Sibelius les reçoit de sa tante, et c’est au piano qu’il compose sa toute première œuvre – à l’âge de 10 ans – Gouttes d’eau pour violon et violoncelle.

Il a un prénom de carte de visite

autographe
autographe

Né Johan Julius Christian Sibelius, le compositeur nous est resté connu sous le prénom Jean. C’est le compositeur lui-même qui se fit appeler Jean Sibelius, comme il l’écrit en 1886 à un ami : « Jean est mon nom de musicien ».

S’il était courant dans les pays scandinaves d’adopter un prénom français, c’est à l’oncle Johan - qui se faisait justement appeler Jean- que l’on doit le choix de cette transformation : cet armateur mort de la fièvre jaune en 1860 laissa derrière lui un grand nombre de cartes de visite que le petit Johan Julius Christian adopta.

Il a failli intégrer l’Orchestre philharmonique de Vienne

Si Jean Sibelius se tourne très tôt vers la composition, il parfait également sa formation de violoniste. Sa rencontre avec le pianiste Ferrucio Busoni le convainc de se détourner d’une carrière de soliste virtuose, mais il poursuit son enseignement en musique de chambre – faute de classe d’orchestre – et auditionne pour intégrer l’Orchestre philharmonique de Vienne. Ce fut un échec. Qu'à cela ne tienne, si la phalange autrichienne le refuse, sa musique n'en sera que plus présente par la suite !

Son œuvre Finlandia est devenue l’hymne officieux de la Finlande

Composée en 1899, Finlandia * a pour nom original *Eveil de la Finlande, et faisait partie d’un corpus de six tableaux (et un prélude) réunis sous le nom de Musique pour la célébration de la presse pour la liberté de la presse face à l’autorité russe. L’année suivante, Sibelius en reprend la partition de manière isolée : jouée sous le titre La Patrie par l’Orchestre philharmonique d’Helsinki lors de l’exposition universelle à Paris, elle devient très vite un second hymne national au côté de Maamme, hymne officiel depuis 1867.

Il était (un peu trop) porté sur la bouteille

Sibelius est souvent décrit comme dépressif et alcoolique, au point qu’une partie de son inconfort financier serait dû à ses abus de bouteille. Au point aussi qu’on prête à l’alcool les tremblements du compositeur lorsqu’il dirigeait.

Parfois, sa peur de la mort et les soucis relationnels que l’alcool provoquait avec sa femme Aino prenaient le dessus, le faisant renoncer à la boisson et au tabac. De l’une de ces périodes d’abstinence naît sa 4ème symphonie¸ composée deux ans après une opération d’un cancer de la gorge, aux accents tour à tour mystérieux, plaintifs, déshumanisés et violents.

« le plus mauvais compositeur du monde »

Si Jean Sibelius appartient aujourd’hui incontestablement au panthéon des musiciens, son travail n’a pas toujours rencontré l’adhésion de tous. Le compositeur et théoricien René Leibowitz n’hésita pas à écrire en 1951 un pamphlet intitulé « Sibelius, le plus mauvais compositeur du monde », pendant que le philosophe et sociologue allemand Theodor Adorno considère sa musique vulgaire et réactionnaire : « si Sibelius est considéré comme un grand compositeur, alors nous devons ignorer tous les critères historiques utilisés pour estimer la musique de Bach à Schoenberg ».

En 2010, alors que Sir Simon Rattle dirige l’Orchestre philharmonique de Berlin dans les symphonies du compositeur finlandais, un article du Guardian revient sur cette mauvaise réputation de Sibelius, dont la 3e symphonie n’avait plus été jouée par la phalange germanique depuis 128 ans. Pire, lorsque le célèbre chef présenta à l’orchestre son projet d’interpréter le cycle intégral des symphonies de Sibelius, le comité lui répondit par un rire moqueur.

Son lien avec le nazisme est sujet à controverse

Pour le journaliste et biographe de Jean SibeliusVesa Sirén, les écrits de Theodor Adorno en Allemagne expliquent en partie l’accueil froid réservé au compositeur finlandais pendant quelques décennies. Adorno associait la musique de Sibelius à l’idéologie National-Socialiste, et laissait entendre que le compositeur était un sympathisant nazi.

Régulièrement ressuscitée, parfois de manière sensationnaliste, la question de la «complaisance » de Sibelius repose sur l’intérêt des nazis pour le compositeur. En 1934, Sibelius est invité à participer à un conseil de coopération internationale des compositeurs, présidé par Richard Strauss. L’année suivante, Adolf Hitler lui décerne la Médaille-Goethe à l’occasion de son 70e anniversaire. En 1942, le ministre de la propagande Joseph Goebbels fonde une « Société allemande Sibelius ». Pourtant, de nombreuses déclarations du compositeur, et de nombreux faits, relayés par Jean-Luc Caron dans un article très complet, montrent que Sibelius ne soutenait pas l’Allemagne nazie.

* Sur le même thème *