3 questions à Kenji Miura, finaliste du concours Long-Thibaud 2019

Faîtes connaissance avec Kenji Miura, l'un des six finalistes au concours Long-Thibaud-Crespin 2019 dédié au piano. Le pianiste japonais de 26 ans participe aux deux épreuves finales qui se tiennent à Paris dans l'Auditorium de la Maison de la Radio, à partir du mercredi 13 novembre.

3 questions à Kenji Miura, finaliste du concours Long-Thibaud 2019
Kenji Miura, 26 ans, Japon. L'un des six finalistes du concours Long-Thibaud-Crespin 2019, © Masha Mosconi

France Musique : Qu'est-ce qui vous a poussé à participer au Concours Long-Thibaud-Crespin ?

Kenji Miura : Non seulement ce concours a une longue et prestigieuse histoire, mais c'est principalement le programme qui m'a tout de suite séduit. Il est très différent de ce qui se fait habituellement. On sent clairement que le but de ce concours est de mettre en avant des musiciens complets. C'est le cas lors de l'épreuve de musique de chambre, avec un quatuor à cordes. Je suis convaincu que c'est fondamental pour les musiciens, et ce même si vous menez une carrière de soliste. C'est important de savoir comment faire de la musique avec d'autres, de savoir comment dialoguer, ajuster, voire faire des compromis parfois. Enfin, le fait que le programme insiste beaucoup sur la musique française m'a évidemment séduit. Cela permet de faire émerger la sensibilité et l'imagination visuelle des candidats.

Parmi les œuvres imposées lors du concours, et notamment celles que vous avez travaillé spécialement pour le concours, avez-vous eu un coup de cœur ? 

Il y avait beaucoup d’œuvres qui sont rarement jouées parmi celles qui étaient imposées en demi-finale. Il fallait choisir au moins 10 minutes de musique dans cette liste et j'ai pu découvrir la musique de Déodat de Séverac. Je n'avais jamais entendu son nom avant le concours. Grâce à cela, j'ai pris connaissance de son oeuvre, de sa vie. Et c'est absolument incroyable. Notamment sa pièce Cerdana. Je vais continuer à le jouer et à découvrir sa musique, c'est certain. 

Qu'est-ce qui, pour vous, est le plus difficile à gérer dans un concours comme celui-ci ?

Les concours sont par nature assez artificiels. Avec l'art, c'est toujours compliqué d'appliquer des standards et de trouver un moyen de choisir entre tel ou tel candidat. Je ne suis donc pas un grand fan des concours, je n'en ai pas fait beaucoup. C'est donc pour cela que j'ai abordé le concours Long-Thibaud comme je l'aurais fait pour n'importe quel concert. De jouer sans m'occuper de ce que le jury peut penser, d'oublier le fait qu'on va être jugé, c'est ça qui est le plus difficile à mon sens.