Gioachino Rossini

compositeur italien (Pesaro, 1792 – Paris, 1868)

Gioachino Rossini a profondément marqué l’histoire de l’opéra du XIXe siècle en menant à son apogée le bel canto à l'italienne : il pare l’opéra-bouffe d’airs énergiques et brillants dotés d’un naturel nouveau, et développe et innove l'écriture orchestrale en préparant ainsi l'éclosion du romantisme.

Doté d'un talent musical précoce, Gioacchino Rossini est élevé dans une famille de mélomanes; il apprend la musique notamment en lisant les partitions de Mozart ou Haydn. Il fait ses études au prestigieux Liceo Musicale de Bologne, alors qu’il possède déjà un très bon niveau en cor et en chant. Il y apprend le violoncelle, le piano, l'alto le contrepoint, et acquiert une grande maîtrise de l’instrumentation, de l’orchestration et de la structuration harmonique en travaillant très jeune déjà comme répetiteur au théâtre. Trois des opéras de Rossini sont créés avant son vingtième anniversaire, dont La Cambiale di Matrimonio. Demetrio e Polibio, écrit en 1810, correspond à sa première mise en scène d’opéra en 1812 ; représenté la même année, La Pietra del Paragone remporte un immense succès à la Scala de Milan. A la suite de ces opéras-bouffes, il s’attelle à l’opera seria avec la création de Tancrede (1816) ; il fait évoluer le genre dans Otello (1816) et Semiramide (1823), en réussissant la parfaite synthèse des trois genres. Son chef-d’œuvre est Le Barbier de Séville, tout de suite reconnu comme tel lors de sa création en 1816. Rossini impose aussi un genre intermédiaire (déjà exploité par Mozart), l’opera semi-seria, auquel se rattachent La Cenerentola ou La Pie voleuse (1817).

Après un séjour très réussi à Paris ( où il reviendra à la fin de sa vie) et la création de Guillaume Tell en 1829, Rossini arrête de composer pour la scène. Il se consacre alors à la musique religieuse, genre qui met tout aussi bien en valeur ses qualités musicales : le Stabat Mater (1841) et la Petite messe solennelle (1864) soulignent par leur clarté et leur profondeur d’écriture le talent du compositeur.

Rossini en six dates :

1806 : Liceo Musicale de Bologne ; Rossini étudie Haydn et Mozart, et compose son premier opéra, Demetrio e Polibio (représenté seulement en 1812).
1810 : début de la carrière de Rossini en tant que compositeur lyrique ; création de La Cambiale di matrimonio au Teatro San Moisè de Venise (commande).
1824 : déçu par Londres, Rossini se rend à Paris où il crée l’année suivante Le voyage à Reims à l’occasion du sacre de Charles X.
1826 : pour le public français, adaptation de Maometto II en Siège de Corinthe.
1828 : culte rossinien à son apogée ; Rossini vu comme « le plus grand compositeur du monde » par la presse et le public à la suite de la création du Comte Ory.
1841 : dans la période de sa « retraite », composition du Stabat mater (musique sacrée), réservé à l’entourage proche du compositeur.

Rossini en six œuvres :

1813 : L’italienne à Alger, opéra-comique en 2 actes sur un livret d’Angelo Anelli ; créé à Venise.
• Février 1816 : Le Barbier de Séville, opéra-bouffe en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après la comédie éponyme de Beaumarchais ; créé à Paris.
• Décembre 1816 : Otello, opéra (opera seria) en 3 actes Francesco Berio di Salsa d’après la pièce de Shakespeare ; créé à Naples.
1817 : La Cenerentola, opéra en 2 actes (« dramma giocoso ») sur un livret de Jacopo Ferretti, d’après le conte Cendrillon de Charles Perrault ; créé à Rome.
1829 : Guillaume Tell, opéra en 4 actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis d’après Friedrich von Schiller ; créé à Paris. Dernière œuvre lyrique de Rossini.
1864 : Petite messe solennelle, pour 4 solistes, chœur mixte, 2 pianos et un harmonium ; créée à Paris.

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