Open jazz
Open jazz par Alex Dutilh du lundi au vendredi de 18h à 19h

Paul Bley, l'hommage au silence

le mardi 5 janvier 2016
Photo - Paul Bley MEA 603*380
Paul Bley Bois de Vincennes juin 1973 © Alex Dutilh/Dalle

Disparition du pianiste et compositeur Paul Bley.

L'immense pianiste et compositeur Paul Bley (10 novembre 1932, Montréal) vient de disparaître le dimanche 03 janvier 2016 à Cherry Valley (NY). Il laisse une discographie impressionante avec une centaine d'albums sous son nom…

Paul Bley commence des études de violon à cinq ans puis se tourne vers le piano à huit et obtient son diplôme au McGill Conservatory à onze ans. Il dirige ensuite l’orchestre de son lycée, puis monte un quartet (1945). Admirateur d’Oscar Peterson, il lui succède dans les clubs après le départ d’Oscar pour les Etats-Unis, le remplaçant auprès de sa rythmique (1949). Il part lui-même en 1950 à New York, s’inscrit à la Juilliard School (composition et direction d’orchestre).

Après avoir joué avec Charlie Parker lors du Montréal Jazz Workshop qu’il avait co-organisé), il enregistre son premier disque en 1953, en trio avec Charles Mingus et Art Blakey. De 1955 à 1958, il séjourne en Californie, y joue avec Chet Baker, forme un trio avec Charlie Haden et Billy Higgins, rejoint par Ornette Coleman et Don Cherry en 1958. L’histoire du jazz bascule ! À Los Angeles, il sollicitera également le contrebassiste Scott LaFaro.

En 1959, il devient membre de l’orchestre de Charles Mingus et enregistre sur Candid en 1960 avec Dolphy, sous la direction de Mingus. Il dialogue avec Bill Evans pendant la séance “Jazz In The Space Age” de George Russell. En 1961-62, il rejoint le trio de Jimmy Giuffre, avec Steve Swallow, pour expérience décisive en trio. En 1962, il croise Gary Peacock dans un autre trio avant-gardiste, celui de Don Ellis, puis travaille avec Sonny Rollins en 1963-64, qui l’assiste dans son historique invitation de Coleman Hawkins. Ce jour-là, il grave dans All The Things You Are, l’un des plus éblouissants solos de toute l’histoire du jazz.

En 1964, il se sépare de Carla Bley épousée en 1957. La même année, il collabore à la fondation de la Jazz Composers’ Guild de Bill Dixon, l’un des phares du free jazz. En 1968, il commence à s’intéresser aux synthétiseurs, s’y consacrant de 1969 à 1972 (époque du “Synthetiser Show” avec sa compagne Annette Peacock : il est le premier jazzman à en jouer en public) et délaisse pour un temps la formule piano-basse-batterie, qu’il aura portée à un point d’originalité flagrant depuis 1962 dans l’album “Footloose” qui influencera plusieurs générations de pianistes, à commencer par Keith Jarrett.

Puis son activité va s’organiser prioritairement autour du solo, et à nouveau du trio. En 1974, il fonde avec son épouse vidéaste Carol Goss la compagnie de disques IAI (Improvising Artist Incorporated). Il enregistrera la même année une séance ébouriffante de modernité en compagnie des jeunes Jaco Pastorius et Pat Metheny et du batteur Brice Ditmas. Dans la seconde moitié des années 80, il retrouve, pour des duos, Chet Baker, Paul Motian ou Gary Peacock, joue en quartette avec John Surman, Bill Frisell et Motian, et plus tard avec John Surman, Evan Parker ou Barre Phillips.

En 1999 paraît son autobiographie, écrite avec David Lee : “Paul Bley And The Transformation Of Jazz”, qui sera suivie en 2003 d’un livre d’entretiens avec Norman Meehan “Time Will Tell : Conversations With Paul Bley” et en 2004 d’un essai du pianiste Arrigo Cappelletti “Paul Bley, la logica cel caso”.

d’après Christian Tarting (le Nouveau Dictionnaire du Jazz)


Article de Francis Marmande dans Le Monde daté du 06 janvier 2016.

sur le web

R.I.P., Paul Bley

Article dans Ottawacitizen

Pianist Paul Bley Dies at 83

Article dans JazzTimes

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