Nouvelle mode chez les jeunes : la contredanse anglaise

le lundi 14 mars 2016
Dossier du jour : les stages de danses de la renaissance
Pendant les ateliers de danse Chestnut, les jeunes apprennent à danser en couple ©CéciledeKervasdoué

Les danses historiques, ringardes ? Pas pour les jeunes. Cécile de Kervasdoué a rencontré des étudiants filles et garçons qui pratiquent la contredanse anglaise à la Cité Internationale universitaire de Paris.

Qui pourrait croire que la contredanse anglaise, cette danse à figure qui remonte au XVIème siècle puisse attirer des jeunes de 20 ans ? Qui pourrait croire que danser en couple, en colonne, ou en carré sur des airs à danser du XIXème siècle puisse amuser des étudiants hyper connectés ? Qui pourrait croire que faire un salut de la tête, tendre une main, marcher ensemble en rythme serait finalement encore aujourd’hui un parfait moyen de faire des rencontres ?
 
Un jeudi par mois, depuis 3 ans, la Cité Internationale universitaire de Paris accueille l’association Chestnut qui dispense des cours de contredanse anglaise aux résidents de la Cité Internationale et à des étudiants extérieurs. Le groupe est parfois moins fourni les veilles d’examens, mais toujours très enthousiaste.
 
« Il ne faut pas croire ceux qui disent que danser en couple ça ne se fait plus. Ils se privent d’un grand plaisir et vu le succès des émissions comme Danse avec les stars, la danse de salon comme les danses historiques sont très à la mode chez nous les jeunes », témoigne Gautier, 26 ans.
 
Il n’y a pas de gêne, pas de malaise. A la fin de l’heure et demie que dure la session, les danseurs se sont défoulés et surtout ont fait de nouvelles connaissances. Au XIXème siècle, les bals étaient très fréquents dans toutes les classes sociales, c’était un moyen de rencontre et on les dansait jusqu’à environ 28 ans, c’est-à-dire jusqu’à être marié(e).
 
L’adaptation au cinéma et à la télévision des œuvres de l’auteure anglaise du XIXème siècle, Jane Austen, a beaucoup contribué au renouvellement de l’intérêt porté à ce vaste répertoire des danses à figures anglaises. « C’est beau, c’est élégant, et les rapports entre les hommes et les femmes sont plus respectueux »,  explique Natacha, 22 ans.
 
Ces danses issues de l’époque élisabéthaine et recueillies en 1651 par l‘éditeur londonien John Playford ont connu un regain de popularité dans toute l’Europe au XIXème siècle et sont très présentes dans les histoires que raconte Jane Austen. Elles disent la culture et les codes sociaux de l’époque.
 
« Il y a une chose formidable chez les anglais, c’est la considération. Chaque danse commence par un salut et certaines figures se font avec le regard, les yeux dans les yeux avec le partenaire », raconte Eric Saulmier, président de l’association Chestnut.
 
Surtout, contrairement aux danses historiques françaises, la contredanse anglaise a moins de difficultés techniques. Tout le monde peut s’y essayer en corrigeant un peu la posture de notre XXIème siècle. Porter des costumes d’époque permet en ce sens de donner à son corps une tenue qui n’est plus si évidente aujourd’hui.
 
L’idée de l’association Chestnut est de faire perdurer ces danses, de les montrer et de les faire danser par les plus jeunes pour qu’elles puissent passer à travers le temps. L’idée aussi est de faire danser ensemble.
 
« Danser ensemble c’est très important aujourd’hui dans notre pays meurtri par les attentats. Le temps d’une danse où l’on change de partenaire via des figures, chacun est amené à tendre la main à celui qui est différent ou étranger. Et à la fin, les barrières et les à priori tombent », souligne Cécile Laye, chorégraphe et directrice pédagogique et artistique de Chestnut.
 
Les stages de danses anciennes à figures anglaises, les bals folk et les bals en costume connaissent ainsi un essor dans toute la France. Fruits de l’enthousiasme de danseurs amateurs passionnés. De nombreux événements sont prévus d’ici 2017, pour commémorer les 200 ans de la mort de l’écrivain Jane Austen.
 
Toutes les informations à retrouver ici : http://chestnut.fr/
 

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Site de l'association

Chestnut

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