Ivry Gitlis

le dimanche 26 janvier 2014

Bienvenue au Diable Beauvert. Moi, je le verrais bien entrer dans le palmarès des personnalités préférées des Français, entre un ex-tennisman reconverti dans la chanson et un ange gardien du petit écran, quand bien même il confie qu’il aurait aimé mourir avant la guerre de 14, pour échapper aux atrocités du siècle dernier. Lui qui aime tellement la vie, une vie qu’il a pourtant parfois l’impression de parcourir à l’envers. Alors venez en partager une tranche avec nous et poussez le son !

C’est à Haïfa qu’il voit le jour où son père était venu comme minotier. Il lui faudra trois jours pour venir au monde, "ma mère aura voulu me garder plus longtemps, dit-il, elle n’était pas juive pour rien !" A 5 ans, son entourage se cotise pour lui offrir le violon dont il rêve, et deux ans plus tard il donne son premier concert. Bronislav Huberman ayant remarqué ses dons, on se cotise une fois encore pour l’envoyer à Paris. Il ne tiendra qu’un an au Conservatoire dans la classe de Jules Boucherit, mais travaille avec Georges Enesco et Jacques Thibaud qu’il rejoint en juin 40 à Biarritz, et prend le dernier bateau pour l’Angleterre où il sera durant la guerre l’élève de Carl Flesch. Ses premiers succès seront devant les militaires britanniques. Et au début des années 50 il entre aux Etats-Unis par les geôles maccharthistes d’Ellis Iland - et c’est Menuhin qui paiera sa caution.
Le reste vous le savez, une carrière phénoménale de par le monde, mais aussi atypique. Il sera le premier violoniste israélien en 63 à jouer en URSS, en 68 Brian Jones lui demande des leçons de violon et il se retrouve sur scène à Londres avec les Stones ; il crée dans les années 70 un Woodstock classique à Vence, il part chaque année en Afrique jouer Bach avec les griots et ne dédaigne pas d’apparaître devant les caméras de François Truffaut ou de Danièle Thompson.
Enfin s’il n’aime pas qu’on lui parle d’âge, il avoue très volontiers celui de son Strad, le Sancy : trois siècles. Alors prenez vite place à notre table en compagnie aujourd’hui d’Ivry Gitlis !

Avec la complicité téléphonique de Vladimir Cosma, compositeur, et de David Grimal, violoniste

Programme musical

Charles Harold Bernstein
Rhapsodie israélienne
Ivry Gitlis, violon
Arcobaleno 93922/1

Bela Bartok
Sonate pour violon seul Sz 117
IV. Presto

Ivry Gitlis, violon
Vox Legends CDX2 5505

Alban Berg
Concerto pour violon "A la mémoire d'un ange"
II. Allegro - Adagio

Ivry Gitlis, violon
Orchestre Pro Musica de Vienne, dir. William Strickland
Vox PL 8 660

Nicolo Paganini
Vingt-Quatre Caprices pour violon seul op. 1
XXIV. en la mineur (Thema - Quasi Presto - Variazioni - Finale)

Ivry Gitlis, violon
Philips 442 8960

Henryk Wieniawski
Concerto pour violon n° 2 en ré mineur op. 22
III. Allegro con fuoco

Ivry Gitlis, violon
Orchestre National de l'Opéra de Monte Carlo, dir. Jean-Claude Casadesus
Decca 5346249

Felix Mendelssohn
Concerto pour violon en mi mineur op. 64
III. Allegretto non troppo

Ivry Gitlis, violon
Orchestre Symphonique de Vienne, dir. Hans Swarowski
Vox Legends CDX2 5505

Léo Ferré
Les Etrangers
Léo Ferré, chant
Barclay 076202 2

César Franck
Sonate pour violon et piano en la majeur
IV. Allegretto poco mosso

Ivry Gitlis, violon
Martha Argerich, piano
RCA 74321 98836 2/1

Michel Legrand
Stanislas se souvient (musique du film "La Bûche" de Danièle Thompson)
Ivry Gitlis, violon
Orchestre placé sous la direction de Michel Legrand
Emarcy Records BM 99903/4

Vladimir Cosma
La Septième Cible (musique du film de Claude Pinoteau)
Ivry Gitlis, violon
Orchestre placé sous la direction de Vladimir Cosma
Larghetto Music 004/8

Max Bruch
Concerto pour violon en sol mineur op. 26
III. Allegro energico

Ivry Gitlis, violon
Orchestre Symphonique de Vienne, dir. Jascha Horenstein
Vox Legends CDX2 5505

Fritz Kreisler
Liebesleid
Ivry Gitlis, violon
Shigeo Neriki, piano
Decca 5346249

au générique