On a vécu une « Pleine Nuit » à l’Opéra-Comique, déambulation poétique en plein cœur d’un chantier

le 17 Février 2016
pleine nuit opéra comique mea
Les visiteurs d'une "Pleine Nuit" à l'Opéra-Comique (©G. Decalf / France Musique)

L’Opéra-Comique propose pendant deux week-ends des déambulations sur son chantier, aménagé et scénarisé par les artistes Christian Boltanski, Jean Kalman et Franck Krawczyk. Une expérience unique intitulée « Pleine Nuit » que France Musique vous raconte.

D’abord, on se demande par où on peut entrer. Entièrement couverte par d’immenses panneaux de bois, la façade de l’Opéra-Comique, place Boieldieu, n’offre plus un seul accès et aiguise la curiosité des petits groupes réunis pour un événement promis étonnant : une « Pleine Nuit » dans le bâtiment en travaux. Le principe ? Une déambulation de 30 minutes dans le chantier de la salle Favart – en rénovation jusqu’en janvier 2017 – au cœur d’une création de Christian Boltanski, Jean Kalman et Franck Krawczyk.
 
A défaut de pouvoir attaquer le bâtiment de face, on le contourne, direction l’entrée des artistes. Lumière bleue, bandes de plastique transparent qui pendent dans l’encadrement de la porte, contrôle des sacs, des billets ; il ne manque plus qu’une musique sourde mal engloutie par des murs insonorisés pour se croire à l’entrée d’un de ces lieux éphémères et tendances dont Paris a le secret. Dans feu le traditionnel espace d’accueil, nous sommes une trentaine à recevoir un casque de chantier équipé d’une petite lampe frontale et à attendre de passer, par deux ou par trois, la porte qui nous sépare de l’expérience attendue…

Ce qui se passe derrière la porte ? Il faudra le vivre pour le savoir, et pour cela réserver ses places pour la prochaine « Pleine Nuit », samedi 27 et dimanche 28 février de 18h à 23h. Car décrire en détail l’installation-spectacle du trio d’artistes Boltanski / Kalman / Krawzyk (à qui l’on doit notamment Plein Jour au Châtelet, ou O Mensch au Point Ephémère), c’est en aspirer l’essence.
 
Pleine Nuit repose sur une articulation fine entre espaces (Christian Boltanski), lumières (Jean Kalman) et sonorités (Frank Krawczyk) qui met à contribution les sens du visiteur. Au fil de cette ballade du parterre à l’arrière-scène, en passant par les premières loges, on oublie la notion du temps en perdant celle de l’espace. Aux  fumées qui brouillent le chemin répondent de vives lumières aveuglantes, alors que les sonorités complètent une ambiance à mi-chemin entre le film d’angoisse et la poésie de Melancholia de Lars von Trier.

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Favart Off, ou comment faire vivre un opéra fermé pour 15 mois
 
 « Pleine Nuit » est l’une des facettes de l’offre de l’Opéra-Comique pour faire vivre l’institution, fermée pour travaux pendant 15 mois, du 1er juillet 2015 au 31 décembre 2016.  Réunis dans une programmation « Favart Off », les projets vont de l’opéra 100% web  (Le Mystère de l’écureuil bleu) - auquel France Musique consacre un dossier vendredi 19 février - au karaoké lyrique géant sur le Champs-de-Mars pendant l’Euro 2016 de football.
 
Certaines de ces initiatives  visent à conserver le lien entre l’Opéra-Comique et son public, à l’image du  webopéra Le Mystère de l’écureuil bleu, de l’opéra participatif Kein Licht, ou encore de l’organisation d’un « garde meuble lyrique ». Mais d’autres ouvrent l’institution à une autre audience,  celle des amateurs de football avec le karaoké lyrique organisé dans la « fan zone » de l’Euro 2016, ou encore celle des amateurs d’art avec « Pleine Nuit ». 
 
Finalement, loin d’être un handicap à son activité, les travaux de rénovation de la salle Favart poussent l’établissement à rayonner plus fort encore là où elle il peut.   
 
Prochaine « Pleine Nuit » samedi 27 et dimanche 28 février, toutes les demi-heures de 18h à 23h. Durée de chaque cycle : 30 minutes. Prix : 8 euros. Informations et réservation sur le site de l’Opéra-Comique.  

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