Entretien avec Daniel Barenboim et le West-Eastern Divan Orchestra

le 20 Août 2013, mis à jour le 06 Septembre 2013 à 10:09

Le West-Eastern Divan Orchestra créé en 1999 par Daniel Barenboim et Edward Saïd semble plus que jamais au cœur de l’actualité dominée par les bouleversements que vivent les pays arabes. Composé de musiciens du Moyen-Orient et d’israéliens, l'orchestre a réussi à s’imposer comme un modèle de dialogue entre les cultures pour promouvoir la paix. Rencontres avec le Maestro et quatre musiciens.

« Si nous arrivons à nous entendre pour faire de la musique ensemble, c’est forcément vrai pour un autre domaine ». Voici en substance, comment Daniel Barenboim résume l’âme du Divan Orchestra.

Conçu à l’origine pour une seule représentation, l'orchestre est né en 1999 à Weimar (Allemagne) pour le 250e anniversaire de la naissance de Goethe, mais devant le nombre impressionnant de candidatures émanant des pays arabes, le chef israélo-argentin Daniel Barenboim et Edward Saïd, théoricien et écrivain palestinien, ont décidé de poursuivre l’aventure. Depuis 2002, le Divan Orchestra s’est installé à Séville en Andalousie, dont le gouvernement autonome et divers mécènes espagnols assurent le fonctionnement.

Dès lors, la grande famille de l’orchestre n’a cessé d’évoluer tant dans sa musique que dans son message de dialogue et de paix. Une tribu menée par son chef Barenboim qui, au-delà de l’aspect musical, joue les médiateurs entre les musiciens. « Nous ne recherchons pas le consensus politique, déclare-t-il. « Nous cherchons à comprendre, surtout quand nous ne sommes pas d'accord ». C’est d’ailleurs la seule solution valable selon lui pour résoudre les conflits qui touchent le Moyen-Orient. Ce « dialogue » semble malheureusement être de plus en plus difficile à établir : guerre civile en Syrie, crise égyptienne, conflit israélo-palestinien, etc. Il demeure malgré tout l'essence même de ce qui pousse les musiciens de l’orchestre à continuer dans cette voie, plus que jamais. Tous espèrent aller jouer un jour dans leur pays, pour réitérer l’expérience de ce concert exceptionnel à Ramallah (Palestine) en 2005.

Lors du passage de l’ensemble en France, les 12 et 13 août au Festival de la Roque d’Anthéron, France Musique a rencontré Daniel Barenboim et quatre musiciens, Nouras le violoniste syrien contraint de fuir son pays en 2012 pour s’installer en Allemagne, Jussef, le clarinettiste palestinien qui rêve de retourner jouer dans son pays, Rachel la violoniste israélienne dont la vie et les idées ont changé depuis son intégration à l’ensemble et Georges, le violoniste libanais membre du Divan Orchestra depuis le tout début en 1999, à qui il doit son engagement politique.


Découvrez différents portraits de musiciens du West-Eastern Divan Orchestra :

 Georges Yammine, violoniste libanais     Rachel Abitan, violoniste israélienne - West-Eastern Divan Orchestra   Nouras Hanana, violoniste syrien - West-Eastern Divan Orchestra      Jussef Eisa, clarinettiste - West-Eastern Divan Orchestra